COMMENT ME PLAGIER AVEC GOÛT (How to tastefully plagiarise myself.)
Philipp Timischl , Pierre-Alexandre Mateos et Charles Teyssou
Entrepôt jusqu'au 25 août

le vendredi 7 juin à 19h :

VERNISSAGE(S)

CONCERTS
de Babymorocco et M3C
[Hyperpop]



En parallèle,
inauguration des expositions
Km 316 d'Axel Amiaud (Galerie) et STRIPBURGER (Fanzino)

entrée libre
Exposition  
   

Exposition visible du 8 juin au 25 août 2024

du mercredi au vendredi de 12h à 18h, le week-end de 14h à 18h et les soirs d’événements.


À la lisière de l’art pour aéroport et de la section home TV de Media Markt, la première exposition institutionnelle de Philipp Timischl en France renverse l’adage selon lequel la forme suit la fonction. Category is: le médium est le message et le message se décline en différentes couleurs et personnalités. L’exposition repose sur trois installations exaltant les obsessions de Timischl depuis ses débuts d’artiste dans son Autriche natale des années 10 : la part ridicule de la distinction sociale, un camp néolibéral mâtiné de critique institutionnelle, et le lien entre masculinitée hypertrophié et passing de classe. Philipp Timischl est l’enfant illégitime du sociologue Pierre Bourdieu et de la reine des drag queens, RuPaul. La pratique de l’artiste fait le croisement entre l’analyse de la culture comme arme de différenciation sociale du premier avec l’idée de pastiche de goût, d’ironie et de la bêtise comme mode de d’engagement politique incarné par le second.

« When you’re out of new ideas, make your old ideas bigger » défendait Anna Delvey. Dans la nef, deux installations reprennent les formes emblématiques portées par Philipp, la série de peintures LED en mouvement et le mur d’images initié à Art Basel Unlimited en 2021. Les dix tableaux abstraits exposés se ressemblent comme deux gouttes d’eau et pourraient aussi bien provenir du Plaza Premium Lounge de l’aéroport de Denver que du vestibule d’un restaurant
décoré par Jacques Garcia. Chacune raconte sa propre histoire, passant de la mélancolie à l’arrogance en 24 images par seconde, jusqu’à ce qu’elles se synchronisent comme par magie pour incarner une diagonale du vide. Il s’agit des versions plates et Four Seasons-esque de Ghost in the Shell. En face de cette installation se trouve un mur d’écran massif, véritable cadavre exquis de l’imagination artistique de Philipp, télé-réalité contre poésie concrète. Pour citer Corneille, la valeur n’attend pas le temps, et l’artiste a compris très tôt que le vide intérieur inventé par le capitalisme avait toujours besoin de ses totems. L’exposition se termine par une dernière installation en forme de conte, mettant en scène les aventures d’un raton laveur.

Dans la lignée du capitalisme réalisme allemand des années 60, cousin grinçant du pop art américain, Philipp Timischl érige la figure de l’artiste en commentateur caustique des affres de la bourgeoisie. Les artistes et en dernière instance le monde de l’art concentre tous les rêves et les angoisses de notre monde. Pourtant, à la manière d’une notation Standard & Poor’s, les prétentions de révolutionnaires de l’art sont passées de Prime quality AAA au début du XXe siècle à Highly speculative B en 2024.

Pierre-Alexandre Mateos & Charles Teyssou

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In between airport art and MediaMarkt’s home TV section, Philipp Timishl’s first institutional exhibition in France turns the adage form follows function on its head. Category is: the medium is the message and the message comes in various colours and personalities. The exhibition is based on three installations exalting Timischl’s obsessions from his early days as an artist in his native Austria in the ‘10s: the ridiculousness of social distinction, a neoliberal camp mixed with institutional critique, and the link between hypertrophied masculinity, and class passing. Philipp Tilmischl is the illegitimate child of sociologist Pierre Bourdieu and the queen of drag queens, Ru Paul. The artist’s practice combines the former’s analysis of culture as a weapon of social differentiation with the latter’s idea of pastiche of taste, irony and stupidity as a political mode of engagement.

«When you’re out of new ideas, make your old ideas bigger» defended Anna Delvey. The show is 70% Delvey, 30% new. In the nave, two installations take up the emblematic forms carried by Philipp, the series of moving LED paintings and the videowall initiated at Art Basel Unlimited in 2021. The 10 abstract paintings on display look exactly alike, and could just as easily have come from the Plaza Premium Lounge at the Denver airport as from the lounge of a restaurant decorated by Jacques Garcia. Each one tells its own story, moving from melancholy to arrogance in 24 frames per second, until they magically synchronise to embody a diagonal of emptiness. They are the flat and Four Seasons-esque versions of Ghost in the Shell. Opposite this installation is a massive screen wall, a veritable exquisite corpse of Philipp’s artistic imagination, reality TV vs. concrete poetry. To quote Corneille, value waits for no age, and the artist understood early on that the inner emptiness invented by capitalism still needed its totems. The exhibition concludes with a final installation in the form of a story, featuring the adventures of a raccoon.

Following in the footsteps of the German capitalist realism movement of the ‘60s, a cranky cousin of American pop art, Philipp Timischl establishes the figure of the artist as a caustic commentator on the trials and tribulations of the bourgeoisie. The former, and ultimately the art world, concentrates all the dreams and anxieties of our world. Yet like a Standard & Poor’s rating, the claims of art revolutionaries have gone from Prime quality AAA at the beginning of the 20th century to highly speculative B in 2024.


 
Philipp Timischl
Peinture, vidéo, installation
Paris
 

Né en 1989, à Graz 
Originaire de la campagne autrichienne, il vit et travaille actuellement à Paris. Sa pratique consiste principalement à combiner la peinture et la vidéo, en incluant souvent du texte et en aboutissant à des installations spécifiques. Le travail de Timischl est plein d’humour, tout en explorant les thèmes récurrents de la dynamique du pouvoir entre les classes sociales, souvent en relation avec l’homosexualité, les origines et le monde de l’art

Depuis qu’il est diplômé de l’Académie des beaux-arts de Vienne, il a exposé en solo à la Secession, Vienne ; High Art, Paris ; Layr, Vienne ; MGK Siegen, Siegen ; Heidelberger Kunstverein, Heidelberg ; Halle für Kunst, Lüneburg ; Vilma Gold, Londres ; Neue Alte Brücke, Francfort ; Martos, Los Angeles ; Künstlerhaus Graz. Son travail a été présenté dans le cadre d’expositions collectives à la NGV Triennial, Melbourne ; à la Biennale de Lyon, Lyon ; à Méca Bordeaux ; à l’ICA Londres ; au MAK Vienne ; à la Kunsthalle Bern ; au Kunstwerke Berlin ; à la Luma Foundation, Zürich ; à la Fondazione Sandretto re Rabaudengo, Turin ; à la Kunsthalle Vienne et à la Serpentine Gallery, Londres.

Born in 1989, in Graz.
Coming from the rural countryside of Austria he is now living and working in Paris, France. His practice mainly consists 
of combining painting with video, often including text and culminating in sitespecific installations. Timischl’s work is filled with humor, while also delving into the recurring themes of power dynamics between social classes, often in relation to queerness, origins, and the art world.

Since graduating from the Academy of fine Arts in Vienna, he recently had solo exhibitions at Secession, Vienna; High Art, Paris; Layr, Vienna; MGK Siegen, Siegen; Heidelberger Kunstverein, Heidelberg; Halle für Kunst, Lüneburg; Vilma Gold, London; Neue Alte Brücke, Frankfurt; Martos, Los Angeles; Künstlerhaus Graz. His work was shown in group exhibitions at NGV Triennial, Melbourne; Biennale de Lyon, Lyon; Méca Bordeaux; ICA London; MAK Vienna; Kunsthalle Bern; Kunstwerke Berlin; Luma Foundation, Zürich; Fondazione Sandretto re Rabaudengo, Turin; Kunsthalle Vienna and Serpentine Gallery, London.

Pierre-Alexandre Mateos et Charles Teyssou
Commissariat
Paris
 
Duo de curateurs, leurs projets actuels incluent Paris Orbital, un programme public à la Collection Pinault - Bourse de Commerce sur les liens entre les mythologies parisiennes et la culture pulp, une publication sur le cruising homosexuelle avec HEAD (Genève) et Spector Books (Leipzig). Ils organisent également le programme des Conversations de Paris+ par Art Basel en octobre 2024. En 2024, ils inaugureront la première session de Stavanger Secession, un programme discursif et visuel à Stavanger (Norvège).

Duo of curators, their current projects include Paris Orbital, a public program at the Pinault Collection - Bourse de Commerce on the links between Parisian mythologies and pulp culture, a publication onhomosexual cruising with HEAD (Geneva) and Spector Books (Leipzig). They also organise the Art Basel’s Conversations de Paris+ program in October 2024. In 2024, they will inaugurate the first session of stavanger secession, a discursive and visual program in Stavanger (Norway).