Les printemps seront silencieux de Claire Fontaine
Claire Fontaine
Entrepôt Du 2 février au 28 avril 2019

Exposition du 02 février au 28 avril 2019.

Horaires d’ouverture : du lundi au vendredi de 12h à 18h, le samedi et le dimanche de 15h à 17h30 et les soirs d’événements 

Visites commentées des expositions à destinations des publics et des familles, tous les mercredi à partir de 15h et les dimanche à partir de 15h30

Produit par l’OH/Le Confort Moderne.

Curatrice : Sarina Basta.
Entrée libre
Exposition


Vernissage le samedi 2 février à 18h + conférence avec les artistes à 18h30

Avec Les printemps seront silencieux, Claire Fontaine propose un voyage dans les tunnels que les informations creusent à l’intérieur de nos esprits. Les faits deviennent inaccessibles en tant qu’expériences vécues par d’autres et sont souvent altérés, car nous vivons tous au temps d’une migration internationale des images : elles nous visitent et nous hantent sans qu’on puisse pleinement les comprendre.

Le titre de l’exposition est tiré d’un tract qui a circulé à la ZAD de Nôtre Dame des Landes pendant le siège de la police de 2017. Dans une vidéo qui a été postée sur internet un manifestant interpellait les CRS en leur craint: « Vous aimez les enfants ? Vous aimez les oiseaux ? Bientôt il n’y en aura plus ! » Le silence apparaît donc comme le résultat de la désertification productive, de la multiplication des aéroports détruisant la flore et la faune, de l’abandon des campagnes où ne naissent point d’enfants et l’agriculture intensive menace la fertilité du sol.

Claire Fontaine transforme l’espace d’exposition en couvrant le sol de journaux, et lui donne l’aspect d’un lieu précaire où des travaux sont toujours en cours, faisant flotter les passants et les sculptures sur des mots imprimés auxquels la liberté fait de plus en plus défaut. Des images fracturées, des vues d’écrans de téléphone brisés nous montrent des anges en deuils peints par Giotto, une image thermique de la planète terre devenue trop chaude , et des dessins au stylo bille  de prisonniers Yéménites témoignant des tortures subies. Nous regardons la fragile réalité de notre temps à travers des dispositifs qui s’endommagent au contact de la vie et nous restituent des vues fragmentées qui n’avaient jamais existé auparavant. 

Trois néons montrent en séquence des cercles vicieux et des double bind tirés de livre séminal de R. D. Laing, Nœuds de 1970. « Je ne le mérite pas, parce que je l’ai volé/ Je ne le mérite pas, donc je l’ai volé », « c’est juste parce que je le fais/ je le fais parce que c’est juste», « je le veux, je l’obtient, je suis bon/ je le veux, je ne l’obtiens pas, je suis mauvais ». La réappropriation joueuse aussi de l’histoire de l’art est à l’œuvre dans les cartes postales offertes au public, des images iconiques y sont accompagnées de textes qui en altèrent le sens. Le tag #metoo superposé aux nus féminins les plus importants de la peinture moderne, dénonce la fausse neutralité des représentations des femmes en tant qu’objets (de désir) et questionne les hiérarchies affectives qui structurent notre société.

Des sculptures disséminées dans l’espace arborent des apparences faussement familières : Earthman un bonhomme de neige, fait de boue, nous raconte un monde où la neige aurait pour toujours disparu et la terre serait privée de végétation. Un panier de basketball noué rempli à ras-bord (Caught) nous montre un jeu qu’il ne nous est pas donné de jouer : chaque balle qui entre dans le panier ne nous est plus rendue, jusqu’à saturation.

The trickster appartient au monde des saltimbanques, les performeurs les plus pauvres,  peints et déguisés, qu’on voit immobiles comme des statues devant les sites monumentaux. Le trickster est une sculpture mendiante et un imposteur, il représente un objet qui fait semblant d’être un sujet qui fait semblant d’être un objet. The American est un ready-made qui évoque les corps faibles et dépendants des vétérans, des sans abris, des malades abandonnés par un monde dans lequel l’argent vaut infiniment plus que la vie humaine.

Claire Fontaine est une artiste féministe, conceptuelle, fondée à Paris en 2004. Depuis l’automne de 2017 elle vit et travaille à Palerme, en Sicile. Prenant son nom d’une marque connue de cahiers d’école, Claire Fontaine s’est déclarée artiste ready-made, pour élaborer une version d’art néo-conceptuelle, qui ressemble souvent au travail d’autrui. Travaillant le néon, la vidéo, la sculpture, la peinture et le texte, sa pratique peut être décrite comme une interrogation en continue sur l’impuissance politique et la crise de la vie quotidienne et l’art conceptuel aujourd’hui. Si l’artiste est l’équivalent subjectif d’un urinoir (Duchamp) ou d’un Brillo box – privée de sa valeur d’usage et remplaçable – elle trace une ligne de fuite par ce qu’elle appelle la grève humaine, une révolte qui libère la subjectivité toute entière et pas seulement sa partie productive. Claire Fontaine grandit au milieu des ruines de la fonction auteur, elle expérimente avec des protocoles de production, détournements et différents dispositifs pour le partage de la propriété intellectuelle et de la propriété privée.

Claire Fontaine a récemment exposé son travail au Palazzo Ducale, Genève (Suisse), à la Galerie Nordhorn , Städtische (Allemagne), Williamson | Knight, Portland (Etats-unis), GagaReena, Los Angeles (Etats-unis), N.B.K., Neuer Berliner Kunstverein, Berlin (Allemagne), Karst, Plymouth (Angleterre) et dans les expositions collectives au Jewish Museum, New-York (Etats-unis) Space Gallery, Pittsburgh, (Etats-unis), Swiss Institute Contemporary Art, New York  (Etats-unis) et à la biennale Shanghai (Chine).


Curateur : Sarina Basta

Production et réalisation : Jean-Michel Rousseau, Blandine Houtekins, Jocelyn Moisson.

 
Claire Fontaine
Artiste
FR
 
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Claire Fontaine est une artiste féministe, conceptuelle, fondée à Paris en 2004. Depuis l’automne de 2017 elle vit et travaille à Palerme, en Sicile. Prenant son nom d’une marque connue de cahiers d’école, Claire Fontaine s’est déclarée artiste ready-made, pour élaborer une version d’art néo-conceptuelle, qui ressemble souvent au travail d’autrui. Travaillant le néon, la vidéo, la sculpture, la peinture et le texte, sa pratique peut être décrite comme une interrogation en continue sur l’impuissance politique et la crise de la vie quotidienne et l’art conceptuel aujourd’hui. Si l’artiste est l’équivalent subjectif d’un urinoir (Duchamp) ou d’un Brillo box – privée de sa valeur d’usage et remplaçable – elle trace une ligne de fuite par ce qu’elle appelle la grève humaine, une révolte qui libère la subjectivité toute entière et pas seulement sa partie productive. Claire Fontaine grandit au milieu des ruines de la fonction auteur, elle expérimente avec des protocoles de production, détournements et différents dispositifs pour le partage de la propriété intellectuelle et de la propriété privée.

Claire Fontaine a récemment exposé son travail au Palazzo Ducale, Genève (Suisse), à la Galerie Nordhorn , Städtische (Allemagne), Williamson | Knight, Portland (Etats-unis), GagaReena, Los Angeles (Etats-unis), N.B.K., Neuer Berliner Kunstverein, Berlin (Allemagne), Karst, Plymouth (Angleterre) et dans les expositions collectives au Jewish Museum, New-York (Etats-unis) Space Gallery, Pittsburgh, (Etats-unis), Swiss Institute Contemporary Art, New York  (Etats-unis) et à la biennale Shanghai (Chine).