Perrine En Morceaux – Contre Le Futur

Chroniques 6 décembre 2012 0:00

Une gélule, rouge et blanche, ayant pour but de guérir un mal insaisissable : le futur. C’est ainsi que Perrine, qui compose et interprète seule sa musique, présente son projet musical aux vertus radicales.

Cette contestation prend les formes d’une musique minimaliste, entêtante, s’appuyant sur des boucles polyrythmiques. Essentiellement synthétique, l’environnent musical, soutenu sur deux titres (« Where Is My Spine ? » et « Some Say ») par une batterie acoustique, se concentre sur les percussions de textures différentes. Ce choix esthétique épuré laisse donc une place prédominante au chant. Ce dernier constituant le fondement, la colonne vertébrale des morceaux de Perrine.

En effet, le chant devient ici instrument. Il est utilisé comme une matière malléable propre à créer des ambiances éthérées comme sur le lancinant « Fuck Them All But Softly », qui rappelle d’ailleurs le travail d’une célèbre Islandaise, ou rageuses comme le titre d’ouverture de l’album Not A Big Deal.
La chanson « I Am Lazy » témoigne du travail vocal complexe de l’artiste, enchevêtrant plusieurs parties de textes chantés pour créer les harmonies et soutenir la rythmique. Les textes, souvent déclamés comme des mantras, mélangent allégrement français et anglais pour distiller des paroles pleines d’images détournées d’où transpire une pointe de cynisme.

Perrine en Morceaux s’inscrit donc dans une veine expérimentale, convoquant l’ombre envahissante de Laurie Anderson (Big Science – 1982), avec qui elle partage un passif d’étudiante en art (notre sujet a fréquenté les Beaux-Arts) et un goût prononcé pour la recherche sonore. Le travail vocal de l’album peut aussi renvoyer à quelques pistes du trop méconnu Peter Hammill (The Future Now – 1978) dans la volonté d’instrumentaliser la voix.

Perrine en Morceaux, qui a sorti un album live en avril 2012, jouera au Lieu Multiple le samedi 8 décembre.

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